Le nez me semble un peu trop gros.
ADRASTE.
J'ai lu, je ne sais où, qu'Apelles peignit autrefois une maîtresse d'Alexandre d'une merveilleuse beauté, et qu'il en devint, la peignant, si éperdument amoureux, qu'il fut près d'en perdre la vie; de sorte qu'Alexandre, par générosité, lui céda l'objet de ses vœux. (A don Pèdre.) Je pourrois faire ici ce qu'Apelles fit autrefois; mais vous ne feriez pas, peut-être, ce que fit Alexandre. (Don Pèdre fait la grimace.)
ISIDORE, à don Pèdre.
Tout cela sent la nation; et toujours messieurs les François ont un fonds de galanterie qui se répand partout.
ADRASTE.
On ne se trompe guère à ces sortes de choses, et vous avez l'esprit trop éclairé pour ne pas voir de quelle source partent les choses qu'on vous dit. Oui, quand Alexandre seroit ici, et que ce seroit votre amant, je ne pourrois m'empêcher de vous dire que je n'ai rien vu de si beau que ce que je vois maintenant, et que...
DON PÈDRE.
Seigneur François, vous ne devriez pas, ce me semble, tant parler; cela vous détourne de votre ouvrage.