HALI, tirant don Pèdre, pour l'éloigner d'Adraste et d'Isidore.
Seigneur, j'ai reçu un soufflet. Vous savez ce qu'est un soufflet lorsqu'il se donne à main ouverte, sur le beau milieu de la joue. J'ai ce soufflet fort sur le cœur, et je suis dans l'incertitude si, pour me venger de l'affront, je dois me battre avec mon homme, ou bien le faire assassiner.
DON PÈDRE.
Assassiner, c'est le plus sûr et le plus court chemin. Quel est votre ennemi?
HALI.
Parlons bas, s'il vous plaît. (Hali tient don Pèdre en lui parlant, de façon qu'il ne peut voir Adraste.)
ADRASTE, aux genoux d'Isidore, pendant que don Pèdre et Hali parlent bas ensemble.
Oui, charmante Isidore, mes regards vous le disent depuis plus de deux mois, et vous les avez entendus. Je vous aime plus que tout ce que l'on peut aimer, et je n'ai point d'autre pensée, d'autre but, d'autre passion, que d'être à vous toute ma vie.
ISIDORE.
Je ne sais si vous dites vrai; mais vous persuadez.