VALÈRE.
Oui, oui, permis à moi: mais mon âme offensée
Vous préviendra peut-être en un pareil dessein;
Et je sais où porter et mes vœux et ma main.
MARIANE.
Ah! je n'en doute point; et les ardeurs qu'excite
Le mérite...
VALÈRE.
Mon Dieu! laissons là le mérite:
J'en ai fort peu, sans doute, et vous en faites foi.
Mais j'espère aux bontés qu'une autre aura pour moi:
Et j'en sais de qui l'âme, à ma retraite ouverte,
Consentira sans honte à réparer ma perte.
MARIANE.
La perte n'est pas grande; et de ce changement
Vous vous consolerez assez facilement.
VALÈRE.
J'y ferai mon possible; et vous le pouvez croire.
Un cœur qui nous oublie engage notre gloire;
Il faut à l'oublier mettre aussi tous nos soins:
Si l'on n'en vient à bout on le doit feindre au moins;
Et cette lâcheté jamais ne se pardonne,
De montrer de l'amour pour qui nous abandonne.