SOSIE, à Amphitryon.
Je viens, monsieur, subir, à deux genoux,
Le juste châtiment d’une audace maudite.
Frappez, battez, chargez, accablez-moi de coups,
Tuez-moi dans votre courroux,
Vous ferez bien, je le mérite;
Et je n’en dirai pas un seul mot contre vous.
AMPHITRYON.
Lève-toi. Que fait-on?
SOSIE.
L’on m’a chassé tout net;
Et, croyant à manger m’aller comme eux ébattre,
Je ne songeois pas qu’en effet
Je m’attendois là pour me battre.
Oui, l’autre moi, valet de l’autre vous, a fait
Tout de nouveau le diable à quatre.
La rigueur d’un pareil destin,
Monsieur, aujourd’hui nous talonne:
Et l’on me des-Sosie[17] enfin
Comme on vous des-Amphitryonne.
AMPHITRYON.
Suis-moi.
SOSIE.
N’est-il pas mieux de voir s’il vient personne?