Tu seras plus fort que Mercure,
Ou je t’en empêcherai bien.
SOSIE, sans voir Mercure.
Cette nuit en longueur me semble sans pareille.
Il faut, depuis le temps que je suis en chemin,
Ou que mon maître ait pris le soir pour le matin,
Ou que trop tard au lit le blond Phébus sommeille
Pour avoir trop pris de son vin.
MERCURE, à part.
Comme avec irrévérence
Parle des dieux ce maraud!
Mon bras saura bien tantôt
Châtier cette insolence;
Et je vais m’égayer avec lui comme il faut,
En lui volant son nom avec sa ressemblance.
SOSIE, apercevant Mercure d’un peu loin.
Ah! par ma foi, j’avois raison:
C’est fait de moi, chétive créature!
Je vois devant notre maison
Certain homme dont l’encolure
Ne me présage rien de bon.
Pour faire semblant d’assurance,
Je veux chanter un peu d’ici.
Il chante.
MERCURE.
Qui donc est ce coquin qui prend tant de licence
Que de chanter et m’étourdir ainsi?
A mesure que Mercure parle, la voix de Sosie s’affaiblit peu à peu.
Veut-il qu’à l’étriller ma main un peu s’applique?
SOSIE, à part.