MERCURE.

Oui, vous l’allez voir tous; et sachez par avance
Que c’est le grand maître des dieux,
Que, sous les traits chéris de cette ressemblance,
Alcmène a fait du ciel descendre dans ces lieux.
Et quant à moi, je suis Mercure,
Qui, ne sachant que faire, ai rossé tant soit peu
Celui dont j’ai pris la figure;
Mais de s’en consoler il a maintenant lieu,
Et les coups de bâton d’un dieu
Font honneur à qui les endure.

SOSIE.

Ma foi, monsieur le dieu, je suis votre valet:
Je me serois passé de votre courtoisie.

MERCURE.

Je lui donne à présent congé d’être Sosie.
Je suis las de porter un visage si laid;
Et je m’en vais au ciel, avec de l’ambroisie,
M’en débarbouiller tout à fait.
Mercure s’envole au ciel.

SOSIE.

Le ciel de m’approcher t’ôte à jamais l’envie!
Ta fureur s’est par trop acharnée après moi;
Et je ne vis de ma vie
Un dieu plus diable que toi.

SCÈNE XI.—JUPITER, AMPHITRYON, NAUCRATÈS, ARGATIPHONTIDAS, POLIDAS, PAUSICLÈS, CLÉANTHIS, SOSIE.

JUPITER, annoncé par le bruit du tonnerre, armé de son foudre, dans un nuage, sur son aigle.