CLITANDRE.
Certes, il peut remercier l’avantage qu’il a de vous appartenir; et, sans cela, je lui apprendrois bien à tenir de pareils discours d’une personne comme moi.
SCÈNE VI.—MONSIEUR ET MADAME DE SOTENVILLE, ANGÉLIQUE, CLITANDRE, GEORGE DANDIN, CLAUDINE.
MADAME DE SOTENVILLE.
Pour ce qui est de cela, la jalousie est une étrange chose! J’amène ici ma fille pour éclaircir l’affaire en présence de tout le monde.
CLITANDRE, à Angélique.
Est-ce donc vous, madame, qui avez dit à votre mari que je suis amoureux de vous?
ANGÉLIQUE.
Moi? Et comment lui aurois-je dit? Est-ce que cela est? Je voudrois bien le voir, vraiment, que vous fussiez amoureux de moi. Jouez-vous-y, je vous en prie; vous trouverez à qui parler; c’est une chose que je vous conseille de faire! Ayez recours, pour voir, à tous les détours des amans: essayez un peu, par plaisir, à m’envoyer des ambassades, à m’écrire secrètement de petits billets doux, à épier les momens que mon mari n’y sera pas, ou le temps que je sortirai, pour me parler de votre amour: vous n’avez qu’à y venir, je vous promets que vous serez reçu comme il faut.
CLITANDRE.