MONSIEUR DE SOTENVILLE.

C’est un petit ressentiment de l’affaire de tantôt, et cela se passera avec un peu de caresse que vous lui ferez. Adieu, mon gendre; vous voilà en état de ne vous plus inquiéter. Allez-vous-en faire la paix ensemble, et tâchez de l’apaiser par des excuses de votre emportement.

MADAME DE SOTENVILLE.

Vous devez considérer que c’est une jeune fille élevée à la vertu, et qui n’est point accoutumée à se voir soupçonnée d’aucune vilaine action. Adieu. Je suis ravie de voir vos désordres finis, et des transports de joie que vous doit donner sa conduite.

SCÈNE XIII.—GEORGE DANDIN.

Je ne dis mot, car je ne gagnerois rien à parler; et jamais il ne s’est rien vu d’égal à ma disgrâce. Oui, j’admire mon malheur, et la subtile adresse de ma carogne de femme pour se donner toujours raison et me faire avoir tort! Est-il possible que toujours j’aurai du dessous avec elle; que les apparences toujours tourneront contre moi, et que je ne parviendrai point à convaincre mon effrontée! O ciel! seconde mes desseins, et m’accorde la grâce de faire voir aux gens que l’on me déshonore!

ACTE III

SCÈNE I.—CLITANDRE, LUBIN.

CLITANDRE.

La nuit est avancée, et j’ai peur qu’il ne soit trop tard. Je ne vois point à me conduire. Lubin!