CLITANDRE.
Hélas! de quel coup me percez-vous l’âme, lorsque vous me parlez de vous retirer; et avec combien de chagrin m’allez-vous laisser maintenant!
ANGÉLIQUE.
Nous trouverons moyen de nous revoir.
CLITANDRE.
Oui. Mais je songe qu’en me quittant vous allez trouver un mari. Cette pensée m’assassine; et les priviléges qu’ont les maris sont des choses cruelles pour un amant qui aime bien.
ANGÉLIQUE.
Serez-vous assez foible pour avoir cette inquiétude, et pensez-vous qu’on soit capable d’aimer de certains maris qu’il y a? On les prend parce qu’on ne s’en peut défendre, et que l’on dépend de parens qui n’ont des yeux que pour le bien; mais on sait leur rendre justice, et l’on se moque fort de les considérer au delà de ce qu’ils méritent.
GEORGE DANDIN, à part.
Voilà nos carognes de femmes!