CLÉANTE.
Rentrons ici; nous serons beaucoup mieux. Il n’y a plus autour de nous personne de suspect, et nous pouvons parler librement.
ÉLISE.
Oui, madame, mon frère m’a fait confidence de la passion qu’il a pour vous. Je sais les chagrins et les déplaisirs que sont capables de causer de pareilles traverses; et c’est, je vous assure, avec une tendresse extrême que je m’intéresse à votre aventure.
MARIANE.
C’est une douce consolation que de voir dans ses intérêts une personne comme vous; et je vous conjure, madame, de me garder toujours cette généreuse amitié, si capable de m’adoucir les cruautés de la fortune.
FROSINE.
Vous êtes, par ma foi, de malheureuses gens l’un et l’autre de ne m’avoir point, avant tout ceci, avertie de votre affaire. Je vous aurois, sans doute, détourné cette inquiétude, et n’aurois point amené les choses où l’on voit qu’elles sont.
CLÉANTE.
Que veux-tu? c’est ma mauvaise destinée qui l’a voulu ainsi. Mais, belle Mariane, quelles résolutions sont les vôtres?