Mais je sais retenir la fureur de ces flots
Par la sage équité du pouvoir que j’exerce,
Et laisser en tous lieux, au gré des matelots.
La douce liberté d’un paisible commerce.
On trouve des écueils parfois dans mes États;
On voit quelques vaisseaux y périr par l’orage;
Mais contre ma puissance on n’en murmure pas,
Et chez moi la vertu ne fait jamais naufrage.
Pour monsieur le Grand[125], représentant un dieu marin.
L’empire où nous vivons est fertile en trésors.
Tous les mortels en foule accourent sur ses bords,
Et, pour faire bientôt une haute fortune,
Il ne faut rien qu’avoir la faveur de Neptune.
Pour le marquis de Villeroy, représentant un dieu marin.
Sur la foi de ce dieu de l’empire flottant,
On peut bien s’embarquer avec toute assurance:
Les flots ont de l’inconstance,
Mais le Neptune est constant.
Pour le marquis de Rassan, représentant un dieu marin.
Voguez sur cette mer d’un zèle inébranlable:
C’est le moyen d’avoir Neptune favorable.
ACTE PREMIER
SCÈNE I.—SOSTRATE, CLITIDAS.