PREMIER SATYRE, à Caliste.

Quoi! tu me fuis, ingrate! et je te vois ici
De ce berger à moi faire une préférence!

SECOND SATYRE.

Quoi! mes soins n’ont rien pu sur ton indifférence?
Et pour ce langoureux ton cœur s’est adouci?

CALISTE.

Le destin le veut ainsi;
Prenez tous deux patience.

PREMIER SATYRE.

Aux amans qu’on pousse à bout
L’amour fait verser des larmes;
Mais ce n’est pas notre goût,
Et la bouteille a des charmes
Qui nous consolent de tout.

SECOND SATYRE.

Notre amour n’a pas toujours
Tout le bonheur qu’il désire;
Mais nous avons un secours,
Et le bon vin nous fait rire
Quand on rit de nos amours.