AMPHITRYON.

Après l’indigne affront que l’on me fait connoître,
C’est bien à quoi, sans doute, il faut vous préparer:
C’est le moins qu’on doit voir; et les choses peut-être
Pourront n’en pas là demeurer.
Le déshonneur est sûr, mon malheur m’est visible,
Et mon amour en vain voudroit me l’obscurcir;
Mais le détail encor ne m’en est pas sensible,
Et mon juste courroux prétend s’en éclaircir.
Votre frère déjà peut hautement répondre
Que, jusqu’à ce matin, je ne l’ai point quitté:
Je m’en vais le chercher, afin de vous confondre
Sur ce retour qui m’est faussement imputé.
Après, nous percerons jusqu’au fond d’un mystère
Jusques à présent inouï;
Et, dans les mouvemens d’une juste colère,
Malheur à qui m’aura trahi!

SOSIE.

Monsieur...

AMPHITRYON.

Ne m’accompagne pas,
Et demeure ici pour m’attendre.

CLÉANTHIS, à Alcmène.

Faut-il...

ALCMÈNE.

Je ne puis rien entendre:
Laisse-moi seule, et ne suis point mes pas.