Les médecins disent, quand on est ivre,
Que de sa femme, on se doit abstenir,
Et que dans cet état il ne peut provenir
Que des enfans pesans et qui ne sauroient vivre.
Vois, si mon cœur n’eût su de froideur se munir,
Quels inconvéniens auroient pu s’en ensuivre!
CLÉANTHIS.
Je me moque des médecins,
Avec leurs raisonnemens fades:
Qu’ils règlent ceux qui sont malades,
Sans vouloir gouverner les gens qui sont bien sains.
Ils se mêlent de trop d’affaires,
De prétendre tenir nos chastes feux gênés;
Et sur les jours caniculaires
Ils nous donnent encore, avec leurs lois sévères,
De cent sots contes par le nez.
SOSIE.
Tout doux!
CLÉANTHIS.
Non, je soutiens que cela conclut mal;
Ces raisons sont raisons d’extravagantes têtes.
Il n’est ni vin ni temps qui puisse être fatal
A remplir le devoir de l’amour conjugal;
Et les médecins sont des bêtes.
SOSIE.
Contre eux, je t’en supplie, apaise ton courroux;
Ce sont d’honnêtes gens, quoi que le monde en dise.
CLÉANTHIS.