Ah! je t’arracherai cette langue, sans doute!
MERCURE.
Passe, mon cher ami, crois-moi;
Que quelqu’un ici ne t’écoute.
Je respecte le vin. Va-t’en, retire-toi,
Et laisse Amphitryon dans les plaisirs qu’il goûte.
AMPHITRYON.
Comment! Amphitryon est là dedans?
MERCURE.
Fort bien!
Qui, couvert des lauriers d’une victoire pleine,
Est auprès de la belle Alcmène,
A jouir des douceurs d’un aimable entretien.
Après le démêlé d’un amoureux caprice,
Ils goûtent le plaisir de s’être rajustés.
Garde-toi de troubler leurs douces privautés,
Si tu ne veux qu’il ne punisse
L’excès de tes témérités.
SCÈNE III.—AMPHITRYON.
Ah! quel étrange coup m’a-t-il porté dans l’âme!
En quel trouble cruel jette-t-il mon esprit!
Et, si les choses sont comme le traître dit,
Où vois-je ici réduits mon honneur et ma flamme!
A quel parti me doit résoudre ma raison?
Ai-je l’éclat ou le secret à prendre?
Et dois-je, en mon courroux, renfermer ou répandre
Le déshonneur de ma maison?
Ah! faut-il consulter dans un affront si rude?
Je n’ai rien à prétendre et rien à ménager;
Et toute mon inquiétude
Ne doit aller qu’à me venger.
SCÈNE IV.—AMPHITRYON, SOSIE, NAUCRATÈS ET POLIDAS, dans le fond du théâtre.