C’est sous le nom de Gazette, employé là pour la première fois, que cette feuille d’annonces devoit paroître. Viollet-le-Duc possédoit le seul livret qui en fut publié, et dont la rareté est telle, que jamais on n’en a vu que son exemplaire[26].

[26] Brunet, Manuel du Libraire, t. II, col. 1515.

Cette Gazette est en rimes, comme il y en eut tant d’autres plus tard, et comme il en couroit déjà de manuscrites. Où la prose n’eût pas été permise alors, on toléroit ainsi les vers, surtout lorsque, comme ici, ils ne prenoient pas l’allure trop sérieuse de l’alexandrin.

Dès son titre, la Gazette, dont nous allons faire rapidement l’analyse, d’après celle qu’en a donnée Viollet-le-Duc[27], se déclare on ne peut mieux renseignée de partout, sur les hommes et sur les choses :

[27] Bibliothèque poétique, 1843, in-8, p. 349-350.

La Gazette en ses vers

Contente les cervelles ;

Car de tout l’Univers

Elle reçoit nouvelles.

On y semble savoir ce que désiroient le père de Montaigne et Barthélemy de Laffémas. Tout ce qu’ils n’ont vu qu’en utopie, on y satisfait, on le réalise :