[9] Ils étoient deux que Lister, dans la relation de son voyage à Paris, dit être « des gens fort instruits. » L’un, né à Toulon, étoit naturaliste. L’autre, celui qui figure ici, né au Mans, étoit médecin. Ils arrivèrent presque en même temps à l’Académie des sciences. Louis Morin, le médecin, qui étoit aussi grand botaniste, mourut le 1er mars 1715 ayant près de quatre-vingts ans. Fontenelle a écrit son Eloge. (V. le t. V de ses Œuvres, p. 380.)

[10] Il étoit docteur-régent de la Faculté de médecine de Paris. Son fils Adrien eut le même titre, et fut de plus de l’Académie des sciences. (V. Fontenelle, t. V, p. 54.)

[11] C’est le même que Lister appelle Minot, et dont il dit qu’il étoit « au prince de Conti, et qu’il l’avoit autrefois connu à Montpellier. »

Messieurs Dodard, à l’Hôtel de Conty[12], et Bourdelot[13], rue sainte Croix de la Bretonnerie, ont chacun un parfait assortiment de tous les Livres de Philosophie et de Medecine.

[12] Denis Dodart, de l’Académie des sciences, né en 1634 à Paris, où il mourut en 1707. On lui doit, entre autres ouvrages, la Statica medicina gallica. C’est comme conseiller-médecin du prince qu’il logeoit à l’hôtel de Conti. Fontenelle a écrit son Eloge, t. V, p. 190.

[13] Pierre-Bonnet Bourdelot, premier médecin de la duchesse de Bourgogne, qui le gardoit près d’elle à Versailles. Lister vante son savoir, surtout pour l’histoire de la science qu’il pratiquoit, ce qui confirme ce qu’on lit ici à propos de sa riche bibliothèque : « Je citerai encore, dit-il, M. Bourdelot, médecin de la duchesse de Bourgogne, qui est bien pensionné et logé à Versailles. C’est un savant homme qui connoît parfaitement l’histoire de la médecine. »

M. de Blegny, Medecin du Roy, préposé à la recherche et vérification des Nouvelles Découvertes de Medecine, demeure au Jardin Medicinal de Pincourt, fauxbourg saint Antoine, et tient Bureau rue de Guenegaud tous les jours de relevée. Celui là est fort renommé pour les Decentes, pour les maux vénériens, pour les maladies des femmes et des enfants, pour les hidropisies, pour les Rheumatysmes inveterez, et généralement pour les maladies extraordinaires.

M. Agnan ci-devant l’un des deux Capucins qui travailloient au vieux Louvre[14], et qui a pris ses Degrez en la Faculté de Padoue, a quelques expériences pour les maladies croniques, il demeure rue et près les Incurables.

[14] Ces capucins du Louvre, comme on les appeloit, et dont Mme de Sévigné, entre autres remèdes, estimoit tant l’eau d’émeraude (édit. Hachette, t. VII, p. 411, 414), avoient été deux : le P. Agnan nommé ici, et le P. Rousseau qui étoit mort à cette époque. Le nom par lequel on les désignoit leur étoit venu de ce que le roi, sur la recommandation de Condé émerveillé de leurs remèdes, leur avoit donné un appartement et un laboratoire au Louvre, où, pendant près de deux ans, ils eurent tout le loisir de travailler. Le frère du P. Rousseau publia en 1697, in-12, un volume devenu rare : « Secrets et remèdes éprouvez, dont les préparations ont été faites au Louvre, de l’ordre du Roy, par deffunt M. l’abbé Rousseau, cy-devant capucin et médecin de Sa Majesté. » Le P. Agnan est nommé dans l’avertissement, comme « confrère et co-inventeur de notre illustre deffunt. » Il est resté de Rousseau, dans le Codex, une sorte d’hydromel fermenté et opiacé connu sous le nom de vin ou « gouttes de Rousseau. » (V. Le Vieux-Neuf, 2e édit., t. II, p. 388.) — Le curieux et rare volume publié en 1693, l’Ancienne médecine à la mode, est du capucin Aignan, qui du reste l’a signé.

M. Elvetius, Médecin Hollandois, qui donne une poudre émétique contre les cours de ventre et dissenteries, demeure rue Serpente[15].