C’est au même lieu que les Gouteux, les Paralitiques ; et ceux qui souffrent des Rhumatismes opiniatres ou des douleurs causées par le mercure, trouvent le secours dont il sera parlé à l’article suivant.

On dit qu’on y pratique des moyens infaillibles pour rectifier les constitutions vicieuses et guerir radicalement toutes les indispositions habituelles qui en dependent, Asthme, Phtisie, Poulmonie, Migraine, Vapeur, Epilepsie, Hidropisies, Hemorrhoïdes, Vieux Ulcères, Cancers, Varices, etc.

On sçait même qu’il y a des lieux destinez pour les maniaques et géneralement pour les personnes qui doivent être privées de la liberté.

Les personnes atteintes de Maux vénériens n’y sont pas reçues, mais elles sont traitées sous la même direction dans une autre maison du voisinage.

A cela près telle que puisse être la condition des gens et la nature des maladies chacun y peut être reçu. Il y a des lieux où les personnes indigentes sont traitées à vingt et trente sols par jour selon le regime qu’elles doivent observer. Il y en a d’autres où les gens de service sont placés à quarante sols[7] ; enfin il y a des chambres particulières et des ordinaires distinguez pour les personnes de considération à trois, à quatre, à cinq et à six livres par jour selon la dépense qu’ils doivent faire, et les peines qu’ils doivent exiger.

[7] « Les malades qui s’y font traiter, y trouvent cet avantage, qu’ils y sont agréablement logez, exactement traitez et libéralement nourris pour un écu par jour, et même pour quarante sols lorsqu’il s’agit de fièvres, de pleurésies, et généralement des maladies qui demandent un régime exact, ce qui est d’une commodité particulière pour les gens d’auberge et de service. » Edit. 1691, p. 16.

Soit que la pension soit grosse ou modique, toute la dépense s’y trouve comprise sans en rien excepter, Traitement, Remedes, Logement, Nourriture, Service, Feu, Lumière, etc.

On y trouve même cette commodité quand on le souhaite, qu’on y est traité à forfait pour une somme dont on convient, au de là de la quelle on ne paye rien de plus, si opiniâtre et si longue que puisse être la maladie.

En tel temps et à telle heure qu’on y puisse arriver, on y est reçu, et on y trouve une chambre prete en payant par avance la pension de huit jours ; et on est même assuré d’y trouver le Medecin tous les matins au moins jusqu’à dix heures, et tous les soirs depuis six heures jusqu’au temps du coucher.

Au surplus, quoy que les Edifices et les jardins de cette maison ayent une considérable etendue, le progrez de cet établissement fait prendre des mesures pour les accroître de beaucoup.