Et qui doit être lu de tous
Car on ne le vend que dix sous[43].
[43] Ibid., p. 292 (20 juillet 1657).
Pour les théâtres en général, il ne ménage pas les recommandations, ou, suivant le mot d’aujourd’hui, « les réclames ». Celui du Marais est en cela toutefois son préféré. C’est là que Corneille donne le plus volontiers ses pièces, et en qualité de Normand, Loret croit se devoir tout entier à cette gloire de la Normandie. La tragédie à machines, la Toison d’or, que Corneille appela d’abord Jason, est-elle à l’étude dans cet ancien Jeu de paume de la rue Vieille-du-Temple, vite, il en avertit le public. Dès que les premières affiches sont placées, sans perdre de temps il lui dit : lisez-les :
Les affiches marquent l’endroit,
L’heure, le prix et la journée
Et c’est toujours l’après-dînée[44].
[44] Ibid., p. 437 (3 déc. 1661).
Voilà, certes, un beau zèle de littérature. Il ne faut pas lui en savoir trop de gré. Pour des spectacles bien inférieurs : pour un jeune géant qui se fit voir au bout du Pont-Neuf, une première fois[45], et qui, deux ans plus tard, y revint, après avoir encore grandi[46] ; pour une baleine bien conservée, que l’on pouvoit aller admirer à Chaillot[47], il n’a pas des réclames moins empressées.
[45] Ibid., p. 543 (15 oct. 1659), et p. 552 (16 nov.).