M. de Champlatreux[5], ruë du Brac.
[5] De l’illustre famille des Molé, et fils de l’un des derniers gardes des sceaux. Il céda sa charge à son fils, lorsqu’il eut trente et un ans. (Dangeau, 11 avril 1707.)
M. le Pelletier[6], vieille ruë du Temple.
[6] Il devint premier président après la démission de M. de Harlay, et se démit lui-même de cette charge, en 1712, à la mort de son père, Claude Le Pelletier, ancien ministre d’Etat et contrôleur général, qui l’y avoit fait rester malgré lui. Un accident arrivé au Palais, dans l’Hôtel de la Présidence, où le plancher de la salle à manger croula sous lui, avoit dérangé son cerveau, jusqu’à le rendre presque incapable de tout travail. (Saint-Simon, t. IV, 78 ; VI, p. 212.) C’est son père, étant prévôt des marchands avant d’arriver au Ministère, qui avoit fait construire près de la Grêve, en 1675, le quai nommé, à cause de lui, quai Pelletier. (Id., t. I, p. 301.)
M. de Mesmes[7], ruë Sainte Avoye.
[7] Jean-Antoine de Mesme, neveu du comte d’Avaux dont il a été question plus haut. Il avoit succédé, comme président à mortier, à son père mort en janvier 1688. Il devint premier président en 1712, par suite de la démission de Le Pelletier.
M. de Novion[8], ruë du Baac.
[8] Potier de Novion, de l’Académie française, qui avoit été jusqu’en septembre 1689 premier président. Sa vénalité força le roi de lui faire abandonner cette charge pour la céder à M. de Harlay. « Sur ses injustices réitérées, dit Saint-Simon, le roi prit enfin le parti de l’obliger à se défaire. » (Note sur Dangeau, 20 septembre 1689.)
M. Talon[9], ruë Saint Guillaume.
[9] Denis Talon, d’abord avocat général. Il avoit eu, en novembre 1690, une des deux places de présidents à mortier que le roi venoit alors de créer, et pour chacune desquelles il avoit fait verser à l’un et à l’autre des titulaires une somme de 350,000 livres, afin de dédommager les présidents à mortier de ce qu’on augmentoit leur nombre. (Dangeau, 12 nov. 1690.) — Sa maison existe encore au no 16 de la rue Saint-Guillaume, avec cette « structure tout à fait belle », dont parle G. Brice, édit. de 1684, t. II, p. 187. « Les appartements, ajoute-t-il, sont très agréables, ayant les vues tournées sur les jardins des maisons voisines. La cour est grande, et enfin il paroît que cette maison a été élevée avec beaucoup de dépense ; mais ce qui lui donne un merveilleux ornement, est l’excellente bibliothèque qui y est, composée de tout ce qu’il y a de plus rare et de plus recherché, soit pour les manuscrits, soit pour les livres imprimés. »