Quatrième Chambre, Mrs Crosset[15], ruë Neuve Saint Augustin, et Feydeau, Cloistre Nostre Dame.

[15] Louis-Alexandre Croiset, et non Crosset, qui mourut le 19 novembre 1728, à quatre-vingt trois ans, président d’honneur au Parlement.

Cinquième Chambre, Mrs de la Baroire[16], ruë de Taranne, et le Clerc de Lesseville[17], Cloître Saint Méderic.

[16] Il ne devroit plus figurer ici, puisqu’il étoit mort au mois d’octobre de l’année précédente. Son entrée au Parlement, comme conseiller, datoit du 19 décembre 1659. Il avoit épousé une vieille mais très-riche veuve, avec laquelle il se conduisoit fort mal, suivant Mme de Sévigné, qui l’appelle de la Baroie. V. sa lettre du 4 juin 1676. C’est lui, d’après les Clés, qui, pour cela, auroit servi de type au 26e caractère de La Bruyère, dans le chap. de Quelques usages.

[17] C’est, d’après les Clés, un des Sannions de La Bruyère. Ils étoient plusieurs frères, tous dans la haute robe, qui descendoient, disoit-on, d’un tanneur de Mantes dont la fortune étoit venue d’un prêt qu’il avoit fait sur parole à Henri IV, dans le temps de la bataille d’Ivry.

Présidens des Requestes du Palais.

Première Chambre, Mrs Ferrand, ruë Serpente[18], et Besnard de Rezé, près les Capucins du Marais.

[18] C’est ce pauvre président Ferrand, dont la femme, une Belizani, fit tant parler d’elle, moins pour l’Histoire des amours de Cléante et de Belise, assez piètre roman de sa façon, que pour l’histoire de ses propres amours. Le scandale en fut si grand, que le président refusa de reconnoître une fille, dont elle étoit accouchée, et qu’elle dut faire élever sous un nom supposé, dans un couvent. Cette fille, dont le prénom étoit Michelle, plaida par la suite pour se faire reconnoître, mais n’obtint du Parlement que d’être reconnue par sa mère. Le célèbre libraire De Bure, qui avoit habité, rue Serpente, l’hôtel du président, recueillit avec soin, comme souvenir, toutes les pièces de ce curieux procès. (V. le Catalogue de sa bibliothèque, pp. 35 et 40.)

Deuxième Chambre, Mrs de Boiquemare[19], rue de Bourbon, et Brunet de Thorigny, ruë des Francs-Bourgeois.

[19] Lisez de Bocquemart. La présidente d’Osembray, grande coquette du temps, la Lise de La Bruyère, l’avoit épousé en secondes noces, mais sans vouloir perdre son premier nom. C’est ce qui a fait dire à La Bruyère (Des femmes, § 76), à propos de certains maris et de leurs femmes : « ils n’ont souvent rien de commun… pas même le nom… chacun a le sien. »