On trouve des Glaces de Venise chez M. le Tellier et chez plusieurs autres Miroitiers du Pont Notre Dame[4] et encore chez Madame la Roüe rue saint Denis près la fontaine des Innocens, qui vend d’ailleurs des lustres et girandoles de cristal[5].
[4] Les marchands de miroirs étoient, en effet, en grand nombre sur le Pont Notre-Dame. Lorsque Louis XIV vint à Paris, après sa grande maladie de 1686, les miroitiers du Pont par lequel il devoit passer en allant du Palais à l’Hôtel de Ville crurent ne pouvoir faire mieux que d’étaler sur son passage leurs plus éclatantes marchandises. Un poète assez inconnu, nommé Viguier, fit à ce sujet quelques vers, dont voici les derniers. Il s’adresse au Roi, en lui parlant de Paris :
Et comme tu devois ne lui donner qu’un jour,
Par une invention digne de son amour,
Il fit de ses miroirs un pompeux étalage,
Pour multiplier ton image.
Dans l’Édit. de 1691, il est parlé, p. 36, des miroitiers, non du Pont Notre-Dame, mais des alentours : « les plus fameux miroitiers sont aux environs du Pont Notre-Dame. »
[5] « Le sieur Vergne, rue Saint-Denis, près la fontaine Saint-Innocent, tient magasins de lustres et girandoles de cristal. » Édit. 1691, p. 36. C’étoit un des grands luxes du temps : « Je connois, dit l’abbé de La Varenne, un simple particulier, qui a pour un million de tableaux, de lustres et de girandoles, de porcelaines, de glaces, de bronzes, de cabinets de la Chine. » Amusements de l’Amitié… Recueil de lettres écrites vers la fin du règne de Louis XIV, 2e édit., 1741, in-12, p. 306.
Le Sieur Lafond rue sainte Marguerite du fauxbourg saint Antoine, met toutes sortes de Glaces au teint pour les Marchands, et racommode pour les particuliers les miroirs et glaces des chambres qui sont gatées[6].
[6] L’usage de mettre des glaces au-dessus des cheminées commençoit. Il étoit dû à Hardouin Mansard et en portoit le nom. Voy. à la Biblioth. Nat. aux Estampes Hd. 22, cheminées nouvelles à la Mansarde. On les appeloit aussi à la Royale et à la Françoise. Dans l’Architecture à la mode de Mariette, se trouvent six pièces de P. Lepautre : Portes cochères des plus belles maisons de Paris ; cheminées à la Royale, à grand miroir et tablettes. On a aussi de Daniel Marot : Nouvelles cheminées à panneaux de glace, à la manière de France. On peut consulter encore le Livre de cheminées et le Nouveau Livre de cheminées de H. Bonnard.