[3] Il étoit indépendant des messageries de la Champagne, affermées comme celles de la Lorraine par Fr. Précy.
Même rue à la Bannière de France, logent les Messagers de Rebay, de Tournant, de Bray sur Seine et Dannemarie, etc., qui arrivent le Mercredy et partent le Jeudy.
Les Messagers de Bretagne qui vont à Nantes, à Rennes, à Vannes et dans toutes les autres Villes de cette Province, logent rue de la Harpe à la Rose rouge[4], et partent les Jeudis et Samedis.
[4] Rue de la Harpe, se trouvoit aussi l’hôtel de l’Arbalête, où étoit longtemps descendu le coche d’Angoulême. Balzac se plaint de ce qu’un paquet qu’on y mit pour lui y resta un mois et demi sans partir. Lettre inédite du 21 août 1645, publiée dans le recueil si curieux et si bien annoté de M. Tamizey de La Roque.
Rue Contrescarpe logent les Messagers d’Estampes et d’Orléans, qui partent tous les jours.
Près l’Ave Maria à l’Hôtel de Sens[5], logent les Messagers de Dijon[6], Bourg en Bresse, Baune, Chalons sur Saône, Macon, Auxonne, Salins, Grey, Dôle, Besançon, Montbéliard, Belfort, Pontarlier, Neufchastel, Sens, Joigny, Auxerre, Noyers, saint Florentin, Ancy le Franc, Chably, Ravière, Montbart, Autun, Semeur, Avalon, sainte Reyne, Issoudun, Bar sur Seine, Mussy l’Evêque, la Palisse, saint Geran, Bacaudière, Rouanne, et qui partent presque tous les jours[7].
[5] Rue du Figuier. Il devoit son nom aux archevêques de Sens, qui longtemps y étoient descendus, et dont il n’avoit pas cessé d’être la propriété. On sait qu’il existe encore.
[6] Le carrosse de Lyon y descendoit aussi, ainsi que son messager, qui se chargeoit de toutes les marchandises qu’on lui confioit, affranchies ou non. Voici à ce sujet quelques lignes d’une intéressante lettre de Fléchier : « Je n’avois pas oublié, Madame, que je vous avois promis du miel de Narbonne… Je vous en envoie donc un baril de vingt livres que j’ai fait donner au messager de Lyon, pour être mis à la diligence et porté à l’hôtel de Sens, près le port Saint-Paul. J’ai donné ordre qu’on l’affranchît de toutes sortes de droit de port. Je vous prie de l’envoyer prendre. » Jean Dubray et Louis Langlois, associés à M. De La Bruyère, étoient fermiers des messageries de Paris à Lyon.
[7] Dans l’édit. de 1691, p. 54, l’Hôtel de Sens n’est pas indiqué comme point de départ de ces messageries. On lit seulement : « Près l’Ave Maria, aux diligences de Lyon, logent les messagers de Dijon, Bourg, etc. » Le mot Diligence, alors nouveau dans ce sens, paroît ne s’être employé d’abord que pour la voiture de Lyon. Palaprat s’en est bien moqué dans la préface de sa comédie l’Important, jouée en 1694 : « Me voilà parti, dit-il, me voilà empaqueté et emballé entre deux énormes magasins dans ce char à rouliers qui mène à Lyon, et qu’on appelle fort improprement la Diligence, formidable machine dont les fermiers… n’ont pas laissé de trouver le mouvement perpétuel ; car ni leur corbillard terrible, ni les malheureux condamnés à la roue qu’il renferme, n’ont pas un moment de repos pendant tout le voyage. » Qui pis est, n’y trouvoit pas de place qui vouloit. Il falloit laisser passer d’abord les personnes recommandées par le secrétaire d’État, administrateur de Paris et de l’Ile-de-France. C’étoit une des conditions du privilége accordé à l’entrepreneur de ces voitures. Seignelay écrivoit, par exemple, le 7 septembre 1688 : « De par le roy, il est ordonné au maître de la diligence de Lion, de donner au sieur coadjuteur d’Arles cinq places dans le carrosse qui partira le samedi xje du présent mois, et ce préférablement à toutes autres personnes. »
Rue de la Huchette aux Bœufs, loge le Messager de la Ferté Alais qui part le Lundy.