M. Rebel attenant au Jeu de paume de la rue Tireboudin[2], dit avoir apporté d’Egypte une Eau qui appaise sur le champ la douleur des Dents, qui se prend par le nez, qui fait larmoyer abondamment, et dont la phiole de quatre prises se vend un louis d’or ; mais la vertu de ce Remede est encore inconnu à l’Auteur.
[2] C’est aujourd’hui la rue Marie Stuart.
Le Sieur Do Emailleur[3] rue de Harlay scelle hermétiquement des Vaisseaux chimiques.
[3] Il a déjà été parlé de lui. V. t. I, p. 242.
Le Sieur le Roy à l’entrée du fauxbourg saint Antoine vis-à-vis le Croissant, peint toutes sortes de Meubles en verni façon de la Chine[4], et travaille d’ailleurs dans les appartemens aux ornemens de Peintures.
[4] C’est un prédécesseur bien peu connu des Martin, si célèbres vers le milieu du siècle suivant, mais en d’autres quartiers que le faubourg Saint-Antoine : « La manufacture royale de MM. Martin, lisons-nous dans l’Esprit du Commerce, 1748, in-8o, p. 41, est située faubourg Saint-Martin, faubourg Saint-Denis, et une autre rue Saint-Magloire. »
Les Suisses qui apportent des Serains de Canarie[5], logent à l’entrée du même faubourg[6].
[5] « Les Suisses, lisons-nous dans le Diction. de Furetière, apportent beaucoup de serins de leurs pays, du Tyrol et des provinces méridionales de l’Allemagne. » Le Tyrol déjà en fournissoit surtout : « Dans une bourgade du Tyrol, nommée Imst, dit Malte-Brun, se trouve le grand séminaire de serins, nommés encore, ajoute-t-il ironiquement, oiseaux des Canaries, dans la plupart des langues d’Europe, et qui sont exportés jusqu’à Lisbonne et peut-être jusque dans les Iles Canaries. »
[6] Hervieux dans son Traité des serins de Canaries, 1709, in-12, chap. 23, dit qu’ils y venoient deux fois par an, et qu’ils logeoient dans ce faubourg, à l’hôtellerie de la Boule, où ils apportoient des serins par milliers.
Le Sieur Quillet Sculteur à la Boule royale, grande rue du même fauxbourg, fait des Bordures de Tableaux pour les Marchands à juste prix.