[10] « Les essences fortes et douces à tabac et à cheveux, les vins de liqueurs, les fromages de Roquefort, les eaux de fleurs d’oranges de Cette, etc., se vendent en gros en différents magasins du cul de sac des Provençaux, etc. » Édit. de 1691, p. 32. — Pour les cheveux ou perruques, c’est l’essence de jasmin qui étoit la préférée ; et, pour le tabac, c’étoit déjà la civette, mais frelatée par un procédé que Lémery indique dans son Nouv. Recueil des Curiositez, p. 122.
[11] C’est de Grasse qu’il en venoit surtout. Antoine Artaud, « marchand parfumeur », en faisoit là un très-grand commerce. On a son adresse gravée en bois par Papillon. Le plus en vogue des parfumeurs de Lyon, Jean Chabert, dont la boutique se trouvoit sur la place des Terreaux, avoit pris pour enseigne : « au Jardin de Provence ». On a son portrait gravé avec cette indication.
On trouve en détail de bonne Eau de Fleur d’Oranges à l’Orangerie rue de l’Arbre sec, et à la Devise Royale, sur le quay de Nesle près la rue de Guenegaud.
On vend au même lieu les fines Essences pour les Tabacs, les Eaux odoriférantes d’Anges[12] et de Mille fleurs[13], les Cassolettes philosophiques, le Lait d’Amarante qui parfume les chambres sans blesser les vaporeux, les Essences d’ambre, de musc, etc.
[12] Lémery a donné aussi, p. 131, la recette de cette eau, dont la gomme odorante, appelée Benjoin, l’iris et les clous de girofle étoient la base.
[13] C’étoit moins un parfum qu’un remède. On la devoit à la comtesse de Daillon, et la préparation en fut longtemps faite par le médecin Defougerais — le Défonandrès de Molière. — Plus tard, on en tira une sorte de panacée, que recommande une brochure, aujourd’hui rare, publiée à Lyon, en 1706 : Traité de l’Eau de Mille fleurs.
Le Sieur Joubert[14] qui demeure au Soulier d’or, rue des vieilles Estuves près la Croix du Tiroir, est un Colporteur qui donne à très grand marché des sortes de Poudres et de Savonnettes communes.
[14] Peut-être faut-il lire Jobert. Il y eut, en effet, un peu plus tard, un parfumeur de ce nom, rue de la Croix-des-Petits-Champs, qui étoit célèbre pour sa « pommade au pot-pourri ». Papillon a gravé son adresse.
PELLETTERIE ET FOURRURES.
Le Bureau des Marchands Pelletiers et Fourreurs qui sont des six Corps des Marchands[1], est rue de la Tabletterie ou des Fourreurs[2].