80. Maison neuve à vendre rue Jacob[329], bastie de pierres de taille sur rue, bien peinte, l’escalier propre à rampe de fer, grande écurie, court à tourner carrosse et louée 1,660 l. On la vendra le décret à la main et quitte de lots et ventes pour 44,000 l. Adr. au bureau.
[329] Elle faisoit suite à la rue du Colombier, et, comme elle, n’avoit encore que des maisons neuves.
81. Terres propres à bastir entre les rues de Clery et Bourbon, et la porte St. Denis, jusques à 2,000 toises ou environ à vendre en tout, ou en partie, à prix raisonnable, soit argent comptant, soit partie argent, partie rente[330]. Adr. à M. Baudrant substitut, r. du Coq, qui en donnera le plant et mémoires nécessaires.
[330] Cette place vague est visible sur les plans du XVIIe siècle antérieurs à 1680, et notamment sur celui de Gomboust. Elle fut vendue par parties six ans après ce qui en est dit ici. Nous trouvons en effet, dans un arrêt du Conseil d’État de 1681, rendu contre Drouet, « chargé de recouvrer les deniers provenant de la vente des places, maisons, etc., dépendantes des fortifications de Paris », mention d’un acte du 30 avril 1676, pour la vente « de terrains entre la rue de Cléry et de Bourbon, derrière le mur du jardin des Filles Dieu » ; et d’un autre, du 7 juillet suivant, pour une place vendue « entre le fossé de la ville et la rue de Cléry, derrière les Filles Dieu ». — C’est sur cet espace qu’un farceur du temps de Molière, Gilles le Niais, dressoit ses tréteaux. Une boucherie de la rue Bourbon-Villeneuve porta longtemps son nom. (Parfaict, Hist. du Théâtre françois, t. VIII, p. 324.)
88. Une terre à vendre en Normandie, près de l’Aigle, appelée Aube[331], où il y a de beaux fiefs, seigneur et patron de la paroisse, affermée, le domaine, 3,000 l. et la forge à fer 1,500 l., le tout en bon estat, hormis le logis seigneurial qui va en ruine. Adr. à M. Menu, procureur au Chastelet au coin de l’hostel de Bourgogne[332].
[331] Ne seroit-ce pas à cette terre, en Normandie, que le neveu de Fontenelle, M. d’Aube, ce Normand aux infatigables contradictions, si bien mis en scène par Rulhière dans son poème des Disputes, auroit dû son nom ?
[332] Laigle étant, comme on sait, la ville de la ferronnerie et de la quincaillerie, nous ne sommes pas surpris de trouver une « forge à fer » dans une terre qui en est voisine.
94. Maison à vendre à S. Maur, ayant un grand corps de logis à 3 estages, grande court à porte cochère, jardin derriere le logis, grande guerite sur la montée[333], pour 5,000 l. Adr. chez M. Pres de Segle, marchand drapier r. du Petit-Pont à l’Estoille d’or.
[333] C’est-à-dire une grande cage d’escalier, bien dégagée et bien couverte. C’étoit un des points importants des constructions de ce temps-là. V. L’Architecture de Savot, au chap. IX : Des mesures du bâtiment.
95. Maison à vendre à S. Denis devant la grande Eglise, vis à vis la croix de la grande place, ayant par derrière 2 corps de logis et 2 courts, dont l’une à porte cochère sur une rue. Adr. comme au précédent.