51. Un homme de Province, qui croit avoir démêlé les obscuritez de la Cassandre de Licophron, mais qui ne se fie pas assez à son jugement, pour hazarder d’en donner son travail au public, sans en avoir l’avis des sçavants de Paris, prie tous ceux qui auront quelques belles conjectures sur cet autheur, d’avoir la bonté de les donner au Bureau, et s’ils y veulent bien adjouster leur nom, il ne manquera pas, en publiant l’ouvrage, d’y marquer la reconnoissance qu’il leur devra de ce secours[363].

[363] Cet appel singulier n’étonne pas, quand on sait ce qu’il y a d’énigmatique dans ce poëme de Cassandre la prophétesse, qui fit donner à Lycophron, sorte de Nostradamus antique, le nom de « poëte ténébreux ». Nous ignorons si la traduction, pour laquelle notre provincial réclamoit les lumières de l’érudition parisienne, a jamais paru.

52. Le Philosophe inconnu, arrivé depuis peu, fait toujours débiter l’eau catholique de Paracelse, remede universel contre toutes les maladies, chez le sieur d’Aiguillon de la Ferté, à 6 liv. l’once, et aux pauvres gratis : Et on y instruit de son usage ceux qui en prennent, dont il dit aussi que 6 goutes prises dans ce qu’on voudra, est un préservatif cordial pour maintenir la santé. Il donne avis de plus, qu’il vend de l’eau[364] des dames vénitiennes pour embellir et entretenir le visage[365], à un écu l’once ; et qu’il donne gratis aux pauvres une excellente emplastre pour les dents. Il loge au Marais rue de Limoges, près la fontaine du Calvaire[366], à la première porte cochère à main droite.

[364] Ce seroit, dit-on, l’eau de melisse, qui se vendoit déjà dans les premiers temps de Louis XIII et dont les Carmes de la rue de Vaugirard finirent par accaparer le monopole. V. Le Vieux-neuf, 2e édition, p. 626.

[365] On trouve les recettes des Dames vénitiennes pour se « blondir les cheveux » et se rajeunir le visage dans un manuscrit des archives de Venise, Recitario della contessa Nani, dont MM. A. Baschet et Feuillet de Conches ont publié une traduction : Les femmes blondes de l’école vénitienne, pet. in-8o.

[366] Appelée aussi alors fontaine de l’Échaudé, et des Comédiens du Marais (V. p. 330). Elle se trouve au carrefour des rues de Limoges, de Poitou et Vieille-du-Temple, vis-à-vis d’un cabaret de cette dernière rue, qui porte encore son enseigne sur sa grille avec cette inscription Av Soleil d’Or. C’est là que fut maintes fois mystifié le petit Poinsinet. (Poésies satyriques du XVIIIe siècle, 1788, in-12, t. I, p. 99.)

53. Vingt cinq pièces de pierres de ruyne[367] très bien assorties et disposées pour faire un grand cabinet ou un grand tabernacle. Adr. au Bureau.

[367] « On donne ce nom à certaines pierres figurées, sur lesquelles on voit des représentations de vieilles ruines aussi naturelles que si elles étoient l’ouvrage du pinceau. » L’abbé Prévost, Manuel lexique, 1755, in-12, t. II, p. 380.

90. Deux chevaux gris avec la chaise roulante à vendre pour 500 l. Adr. chez M. Menu, procureur au Chastelet, au coin de l’hostel de Bourgogne.

57. L’artisan chrestien, ou la Vie du Bon Henry, maistre cordonnier à Paris, instituteur et fondateur des Communautez des frères Cordonniers et Tailleurs[368], se vend à Paris, chez G. Desprez dans la r. S. Jacques à l’Image S. Prosper.