[407] La campane étoit un ornement à franges, dont la forme étoit celle d’une cloche (campana).
[408] L’impériale, lorsqu’elle étoit ronde comme ici, faisoit sur le dessus des carrosses et chaises l’effet d’une couronne d’empereur. De là son nom, encore aujourd’hui en usage.
5. Pour 60,000 liv. de rente sur l’Hôtel de Ville, en plusieurs contracts créés au denier dix huit[409], et qu’on veut vendre au denier vingt ; l’argent sera employé en acquisition de fonds, dont on fournira un estat à la charge du decret.
[409] C’est-à-dire un denier d’intérêt pour dix-huit prêtés, ce qui équivaut à un peu moins de six pour cent, comme le denier vingt à cinq pour cent environ.
6. Une maison à porte cochère scize à Gentilly, très belle et bien bastie, où il y a toutes sortes de commoditez, avec un grand jardin clos de murs, garny d’arbres fruitiers, du prix d’environ 7,000 liv. Il y a seureté pour l’acquisition ; on s’accommodera du prix pourvu qu’il y en ait la moitié ou le tiers comptant : on aura au Bureau un estat plus au long de la dite maison.
7. Un lit de bois noyer de six pieds de large, garny d’un somier de paille, matelat, lit de plume et courte pointe serge de S. Lau[410], couleur d’ecarlatte, avec sa housse mesme serge et couleur, du prix de 120 liv. Quinze petites chaises pour la table couvertes de mocades[411] à fleurs de plusieurs couleurs à fond vert de 3 liv. pièce. Une grande aumoire[412] bois sapin à deux portes fermant à clef, servant de garde-meuble, du prix de 40 liv. et une chaise bourgeoise à porteur, garnie d’une étoffe de soye de 30 liv. Le tout bon et de hasard, et qu’on vendra ensemble ou séparément.
[410] Lisez Saint-Lô, dont la fabrication de la serge est encore une des industries.
[411] C’est une forme du mot « moquette », qui se rapprochoit davantage de camocas, nom de l’étoffe bien connue au moyen âge, dont la moquette ou mocade étoit une imitation plus moderne. V. plus haut, p. 315.
[412] Le peuple, qui dit « ormoire » pour armoire, se rapproche par sa prononciation de la forme du mot, telle qu’elle est ici, et en même temps de la racine latine, aumarium, lieu secret, cachette, suivant le sens que ce mot a dans Pétrone (édit. Burmann, p. 868). Aumoire ne fut remplacé que fort tard par armoire. Il se trouve dans le Roman du Renard, vers 3 et 259, et, comme on le voit ici, il étoit encore usuel au XVIIe siècle. L’annotateur du Catalogue Soleinne, t. I, p. 227, le rencontrant dans une pièce du même temps, Le Murmure des femmes, croit par erreur qu’il vient d’aumusse. — Ajoutons qu’« armoire » toutefois s’employoit déjà. On le trouve dans le Journal de Fr. Colletet, 3 sept. 1676, avec des détails sur ce genre de meuble, tel qu’on le travailloit de son temps : « On sçait, dit-il, une belle paire d’armoires à vendre, toute neuve, et fort bien travaillée à deux grands guichets brisez, pour serrer des habits, du linge ou d’autres hardes : Elle est de ces beaux bois ondoyez, et faite par un bon ouvrier : et elle pourroit estre commode même pour serrer des livres curieux et particuliers dans une Bibliothèque. »
8. Une très belle maison à porte cochere bien bastie, située au Plessis-Chenet, paroisse du Coudray[413], sept lieues de Paris, proche la rivière de Seine, avec jardin, clos de vingt quatre arpens, où il y a pré, terre, vigne, bois taillis et d’haute fustaye, et plusieurs autres belles commoditez, du prix de 12,000 liv. On aura au Bureau un estat au long de la dite maison.