On veut vendre une Maison size dans la rue des Prescheurs, où a logé en dernier lieu Monsieur Gelée[495] ; la dite maison est à porte cochere, bien batie de pierres de taille, la court est commune avec une autre Maison qui perce dans la rue de la Champverrerie, salle, cuisine en bas, petite écurie, remise sous la porte cochere, trois estages l’un sur l’autre, et grenier au dessus chaque estage, composé de chambres, antichambres, cabinets, et deux autres petites chambres, le tout de plain pied ; le premier et second estage ayant les principales chambres peintes, dorées et parquetées, belles cheminées, et plusieurs tableaux non communs ; il y a trois cheminées à chaque estage, de belles et grandes caves, et doubles caves. La dite Maison est louée 900 livres par le dernier bail. Ceux qui la voudront voir trouveront des personnes qui montreront les Appartemens. Il faut s’adresser pour le prix à Monsieur de la Ville-Dieu, qui loge rue Traversine, dans la Maison de Madame Francine[496], on en fera un prix raisonnable.

[495] V. sur ce parent du poète Regnard, t. I, p. 295, note 3. Son adresse y est donnée rue de la Chanvrerie, mais on voit que la maison indiquée ici, ayant une cour commune et deux entrées, appartenoit à cette rue aussi bien qu’à celle des Prescheurs.

[496] Veuve de Francine, ou plutôt Francini, car il étoit Italien, « intendant des eaux et fontaines des maisons royales et entrepreneur privilégié des chaises roulantes ». Mêlé à toutes sortes d’affaires, comme le fut plus encore son fils, gendre de Lulli, et, après lui, directeur de l’Opéra, Francine avoit fait bâtir, tout des premiers, sur les terrains de la butte Saint-Roch, lorsqu’on l’eut aplanie. D’après un manuscrit en notre possession, il avoit été propriétaire de quatre maisons dans la rue Traversine ou Traversière, indiquée ici, et appelée rue Molière aujourd’hui. A sa mort, comme on le voit, il en étoit resté une à sa veuve, qui sans doute y logeoit.

On veut vendre une charge d’avocat au Conseil, la Personne qui s’en veut défaire en fera un prix raisonnable, et mesme la donnera a crédit, pourvû qu’on luy donne des seuretez bonnes et solvables. Il prendra en payement des billets sur des officiers et autres personnes pourvu qu’ils soient en estat de payer, et autres accommodements. Adresse au Bureau.

On veut vendre une Maison size au village de Cüeilly près Champigny sur Marne, à trois lieües de Paris, consistant en un grand Corps de logis, chambres, antichambre, cabinets, court, jardin, un demy arpent de vignes donné à loyer pour la somme de quarante escus par an. Adresse au Bureau.

On veut vendre une grande Maison à petit Champ, paroisse S. Medard, fauxbourg S. Marceau[497], consistant en six boutiques, caves, jardin, deux petites salles, huit chambres à cheminées à chaque Estage, y ayant trois Estages et quatre greniers au dessus, l’Escalier au milieu, y ayant des corridors pour aller aux dites chambres, estant toutes séparées.

[497] Le Petit champ du faubourg Saint-Marcel, qui devint au siècle dernier le Champ d’Albiac, du nom de son propriétaire, se trouvoit à peu de distance de la rue de l’Épée de bois, qui pour cette raison est appelée sur d’anciens plans rue du Petit-Champ.

Plus, une autre petite Maison au coin du dit jardin, consistant aussi à trois Estages, deux chambres et cabinets à chaque Estage, grenier au dessus, avec deux salles basses, et deux caves, le tout à vendre. On les donnera à 18,000 livres, mesme quand on n’auroit pas toute la Somme, on ne laissera pas de s’accommoder. Adresse au Bureau.

On veut vendre un Office de Changeur d’Especes d’or et d’argent de la Ville de Paris, avec faculté d’exercer la Banque à vendre ; Elle est à present d’un Exercice continuel de grand rapport, elle est propre à tous banquiers, caissiers et de finances ; l’on en sçaura le prix et condition qui sont faciles et raisonnables. Adresse au Bureau.

MEUBLES.