--Je dois tout d'abord te dire, Lucille, que je retourne à Valmont demain.

--Hein! et pourquoi? Aurais-tu par hasard reçu des lettres de rappel?

--Non, mais j'ai décidé de m'en retourner.

--C'est incroyable. Mais, au moins, quel motif, quelle raison as-tu?

--J'ai le coeur triste et malade, Lucille, et j'ai besoin d'un repos absolu.

--Tu es malade, mon enfant! j'ai lieu de le craindre.... Tu parais être malheureuse depuis quelque temps, et deux ou trois personnes l'ont remarqué ce soir. Ah! ma pauvre cousine! j'ai peur que tu sois bien misérable.

Et elle examinait la physionomie d'Antoinette qui portait en effet l'empreinte d'une grande douleur.

--Oui, je suis bien malheureuse.

--Et je ne dois pas t'en demander la cause: je suppose que c'est en grande partie ce vilain Sternfield.

--Je vais te le dire en un seul mot. Tu étais présente lorsque ces paroles sacrées ont été prononcées: "Que l'homme ne sépare jamais ce que Dieu a uni!" Comprends-tu maintenant, Lucille? Le triste passé ne peut pas être changé, il est irrévocable!