Crainte.—Ne dites pas: je n'irai pas, crainte d'être entraîné; dites, de crainte d'être entraîné.

Cran, s. m., entaille qu'on fait à un corps dur pour accrocher ou arrêter quelque chose: craner, faire un cran.—Ne dites pas crain, crèner.

Crâne, s. m., tapageur, homme qui fait le rodomont: c'est un crâne, faire le crâne; on l'emploie quelquefois adjectivement: il est crâne, il a l'air crâne: ce mot est très-familier. (Acad.) C'est à tort que les wallons donnent à ce mot d'autres acceptions.

2. Crane (mot wallon), se rend par robinet (et non robin.)

Crapaud.—Dans certaines localités, on a assez l'habitude de donner aux enfants le nom de ce sale animal; il faut employer un des mots suivants: marmot, mioche, marmouset, etc.

Crapule, s. f., débauche, habitude grossière, excès dans le boire et le manger; il se dit quelquefois et par extension de ceux qui vivent dans la crapule: n'allez pas avec ces libertins, c'est de la crapule. (Acad.) Mais ce mot ne peut pas s'employer pour petit peuple, lie du peuple, populace, gens sans éducation, gens de rien.

Craque, craquer, craqueur, craquerie, menterie, se vanter, hâbler, hâbleur, hâblerie; ces mots, à l'exception de craquer, figurent dans le dictionnaire de l'Académie, mais ils sont de mauvais goût.

Crasser, se Crasser, figurent dans les dictionnaires; mais crasser se dit surtout des armes à feu; vous direz donc: cet enfant encrasse ses habits, plutôt que, ... crasse...

Crasseux, pour ladre, très-avare, est familier; crasserie, avarice sordide, n'est pas français; dites, crasse et mieux ladrerie.

Créancier, Débiteur.—Le créancier est celui à qui on doit;—le débiteur est celui qui doit.