Dieu: prononcez Dieu (en appuyant sur di) et non Djieu ni chieu (ch wallon).—Voyez [di].

Différer, dans le sens de disconvenir, n'est pas français; dites donc, je n'en disconviens pas; disconvenez-vous du fait? et non, je n'en diffère pas; différez-vous du fait?

2. Dans le sens de, remettre à un autre temps, il régit la prép. de devant un infinitif: ne différez pas de partir.

Difficile.—Ne dites pas: j'ai difficile, j'ai facile d'apprendre par cœur; tu as bien facile, tu as bien difficile; dites, j'éprouve, tu éprouves, j'ai, tu as de la difficulté, de la facilité pour... ou bien, j'apprends difficilement, malaisément, avec peine, avec difficulté, facilement, aisément, avec facilité; dites encore, (au lieu de tu as bien facile, bien difficile) c'est bien facile, bien aisé, bien difficile, mal aisé: cette locution, qui se rencontre fréquemment chez les wallons, est tout-à-fait vicieuse.

2. Ne dites pas non plus: il fait facile, il fait difficile de marcher; dites, on a de la peine, on éprouve de la difficulté à marcher; on marche avec peine, difficilement; ou bien, on marche facilement, aisément, sans peine; il est facile, difficile de, etc.

3. Ne dites pas non plus: ces livres sont difficiles ou faciles à se procurer; dites, il est difficile, facile de se procurer ces livres.

4. Quand facile à, difficile à, aisé à, bon à, sont suivis d'un infinitif, ce dernier a un sens passif: ce livre est difficile à lire, c'est-à-dire, à être lu; ainsi ces adjectifs, dans ce sens, ne peuvent régir un verbe pronominal.

5. Être difficile à vivre, c'est-à-dire, être d'un caractère difficile, d'un commerce difficile, avec qui il est difficile de vivre, est une locution correcte, quoi qu'en disent certains grammairiens, plus orthodoxes que l'Académie.

Digestion, s. f., coction dans l'estomac; prononcez digess'thion et non digécion, digession, dijection.

2. On dit, ces aliments sont digestibles, faciles à digérer, ou indigestes, difficiles à digérer. Digeste et digestif dans le sens de digestible ne sont pas français.