Alcoran, s. m., livre sacré des Mahométans.—Ne dites pas: l'Alcoran, mais le Coran. En effet, il est à remarquer que al en arabe correspond à notre article le, la; d'où il suit que vous ne pouvez pas plus dire l'Alcoran, que la labible, le lelivre, la laplume.

Alentour, autrefois préposition, est devenu adverbe; on dira donc: je me promène autour du parc; j'étais dans le parc, et mon ami se promenait alentour. Alentour ne peut avoir de complément et doit toujours s'employer adverbialement.

2. Ne dites pas: il travaille autour, à l'entour de sa maison, de son devoir; dites: il travaille à sa maison, à son devoir.

Alentours, s. m. pl., n'a pas de sing., et signifie les lieux circonvoisins: les alentours de Liége sont très-pittoresques.

A l'envi, expression adverbiale qui signifie avec émulation, à qui mieux mieux: c'est une faute très-commune que d'écrire à l'envie.

Alexandre, Alexandrine, Alexandrie; l'x est dure dans ces mots: Alekçandre et non Aleg-zandre.

A l'honneur.—Ne dites pas: Liége a érigé une statue à l'honneur de Grétry; dites en l'honneur de Grétry.

Aller.—L'Académie admet je vais et je vas, mais elle ajoute que cette dernière forme s'emploie rarement et seulement dans le langage familier.

2. Je fus, tu fus, il fut, etc., pour j'allai, tu allas, il alla, etc., se disent très-bien, quoi qu'en pensent Lévy, Boinvilliers, Chapsal, Poitevin, Girault-Duvivier, etc.: cette forme est consacrée par l'autorité de l'Académie et de plusieurs bons écrivains, notamment Corneille, Me de Sévigné: il ne peut donc rester l'ombre de doute sur cette question. Voyez la grammaire de M. l'abbé Péters, no 584, où l'auteur fait justice des raisons spécieuses de ses contradicteurs.

3. Employez: a été, lorsque vous croyez qu'on est de retour: Pierre a été à l'église, mais il n'y est resté qu'un instant. Employez: est allé, lorsque vous croyez qu'on n'est pas de retour. Mon père est allé à Paris, et il y séjournera trois mois. Le wallon ici est un bon guide.