2. Ne dites pas comme on entend dire tous les jours: ce beurre ne me goûte pas; ce rôti m'a bien goûté; cela me goûte, cela ne me goûte pas, pour exprimer que quelque chose est ou n'est pas de votre goût. Il est clair en effet que les personnes seules, et non les choses inanimées, peuvent goûter, c'est-à-dire exercer le sens du goût. Dites donc: cela est de mon goût et non cela me goûte;—j'ai trouvé ce rôti bon, excellent et non ce rôti m'a bien goûté;—ce beurre est bon, a un bon goût, est de mon goût et non ce beurre me goûte;—cela me semble bon, cela me plaît, cela a un bon goût, cela est de mon goût, et non cela me goûte.

3. Ne dites pas, comme on dit en flamand: cela goûte bon; dites, cela est d'un bon goût.

4. Ne dites pas: j'avais goût de sortir; dites ... envie de sortir.

Goutte.—Ne dites pas: mon frère ressemble à mon père comme deux gouttes d'eau; dites, mon père et mon frère se ressemblent comme deux gouttes d'eau (se ressemblent).

2. Goutte, employé adverbialement pour donner plus de force à la négation, ne se dit que dans, ne voir goutte, n'entendre goutte: il fait bien obscur ici, je ne vois goutte, je n'y vois goutte; c'est un homme qui ne voit goutte dans ses affaires; je n'entends goutte (je ne comprends rien) à ce qu'il dit; cette affaire est fort embrouillée, je n'y entends goutte. (Acad.)—Ne dites, je n'y vois goutte, que lorsque le pronom y se rapporte à un objet dont on vient de parler, comme dans notre premier exemple où y se rapporte à chambre; c'est donc une faute de dire je n'y vois goutte, pour exprimer simplement que vous avez la vue mauvaise, sans vouloir faire entendre que vous ne voyez rien dans une chambre, dans un livre, ou tout autre objet déjà exprimé.

3. Ne dites pas: la marmite goutte, pour exprimer que l'eau s'en échappe par une fente; dites la marmite fuit.

4. Ne dites pas: avoir les gouttes, mais avoir la goutte; voyez [fièvre].

5. Prononcez long dans goûter, goûte, dégoûter, dégoûtant, et ou bref dans goutter, goutte, dégoutter, dégouttant.

Goutter, dans le sens de tomber goutte à goutte, n'est pas français; dites dégoutter: il pleuvait il n'y a qu'un moment, les toits dégouttent encore (et non gouttent); quand il pleut sur le curé, il dégoutte sur le vicaire (et non il goutte).

2. Ne dites pas: il goutte, il commence à goutter, en parlant de la pluie: dites, il tombe des gouttes d'eau, il commence à pleuvoir.