Koran, s. m.: on écrit plus souvent Coran: voyez [Alcoran].
Kreutzer, s. m., monnaie allemande: prononcez kreutzère; quelques-uns prononcent krètche.
Kyrie-eleison, s. m., prononcez ki-ri-é-éleis-sone, et non ki-ri-é-élei-zone.
[L]
L.—Il y a deux sortes d'l: l'l simple et l'l mouillée.—L'l simple est celle qui ne fait entendre qu'une seule articulation, qu'elle soit simple en effet comme dans bal, bel, fil, col, nul, etc., ou double comme dans balle, bulle, ville, molle, collége, etc.—L'l mouillée, dont la prononciation est particulière à la langue française, est presque toujours indiquée par la présence d'un i devant cette consonne; elle se prononce alors, non d'après sa valeur ordinaire, mais avec une sorte de mollesse, en faisant entendre un i après elle, indépendamment de celui qui la précède réellement; ainsi billard, piller, tilleul, bouillon, mouiller, ailleurs, bouteille, cueille, meilleur, etc., se prononcent comme s'il y avait biliard, pilier, tilieul, boulion, moulier, alieurs, bouteillie, cueillie, melieur.—Plusieurs grammairiens prétendent qu'il faut prononcer à la manière des wallons et du peuple de Paris: biïard, piïer, tiïeul, bouiïon, aiïeurs, bouteiïe, cueiïe, meiïeur, mouiïer, etc., en supprimant entièrement l'l et en la remplaçant par deux i ou par un y.—Nous pensons que la première prononciation est plus généralement reçue dans notre pays. Au reste, cette question étant très-controversée, chacun peut adopter telle prononciation qu'il lui semblera bon.—Nous ajouterons pourtant que bon nombre de grammairiens recommandent la première prononciation dans le discours soutenu et la seconde dans la conversation ordinaire.
2. L finale est mouillée dans les mots suivants: avril, babil, cil, fenil, grésil, gril, mil ou millet et péril. (Acad.)—Elle ne se prononce pas dans: baril, chenil, fournil, fusil, outil, persil, sourcil, coutil, courtil, gentil (voyez [ce mot]), gril (dans le langage familier), nombril, soûl, cul-de-jatte, cul-de-lampe, cul-de-sac. (Acad.)—Lle finales se mouillent dans les mots suivants: aiguille, anguille, bille, cocomille, cédille, charmille, cheville, coquille, esquille, étrille, famille, faucille, fille, goupille, grille, guenille, lentille, pacotille, pastille, quille, roquille, vétille, vrille, etc.
La.—Le pronom le est invariable et s'emploie toujours au masculin quand il tient la place d'un adjectif: Madame, êtes-vous malade? je le suis (et non je la suis); Mesdames, êtes-vous contentes de ce discours? nous le sommes (et non nous les sommes).—Mais si l'adjectif est précédé d'un article, le, la, les s'accordent avec lui en genre et en nombre, parce qu'alors l'adjectif devient substantif: Madame, êtes-vous la malade dont on m'a parlé? je la suis (et non je le suis); Mesdames, êtes-vous les parentes de Monsieur? nous les sommes (et non nous le sommes).—De même, en s'adressant à des hommes, vous direz: êtes-vous soldats, médecins, avocats, Messieurs?—nous le sommes: (ces subst. sont pris ici adjectivement).—Mais vous direz: êtes-vous les soldats de Sébastopol, Messieurs?—Nous les sommes: (le subst. ici est un véritable substantif).
2. Là (avec un accent grave pour le distinguer de l'article la) et Ci, adv. dém., se mettent souvent à la suite des pronoms démonstratifs, et dans ce cas, on doit mettre un trait d'union entre là et ci et les mots qui les précèdent: celui-ci, celui-là, ce temps-là, cet homme-là.
3. Il s'emploie quelquefois par une sorte de redondance, et pour donner plus de force à la phrase, et dans ce cas, il ne faut pas de trait d'union: c'est là du courage; c'est là ce que vous auriez dû faire.
4. Ne dites pas: c'est là où je l'ai vu; dites, c'est là que je l'ai vu.