Prétendre.Prétendre la première place, c'est l'exiger comme un droit; et prétendre à la première place, c'est y aspirer, c'est travailler à l'obtenir.

Prêter, Emprunter.—Il ne faut pas confondre ces deux mots:—prêter, c'est donner quelque chose à quelqu'un, lequel s'engage à vous le rendre: j'ai prêté de l'argent à mon frère pour le mettre à même de payer ses dettes;—emprunter, au contraire, c'est recevoir quelque chose de quelqu'un en s'engageant à le lui rendre: j'ai emprunté de l'argent à mon frère pour payer mes dettes;—en un mot, celui qui prête, donne et celui qui emprunte, reçoit.—Il en est de même des substantifs prêt et emprunt.—Plusieurs wallons emploient abusivement prêter pour emprunter.

Prétexte, s. m., raison apparente dont on se sert pour cacher le vrai motif: prononcez préteks-te (en faisant sentir l'x et le t final) et non prétekse ni prétèke.

Prêtre, s. m.;—le féminin correspondant prêtresse n'est usité qu'en parlant du culte des faux dieux:—prononcez prê-tre et non prê-te ni prê-tère.

Preuve, s. f., ce qui établit la vérité: prononcez preu-ve (eu bref) et non preu-fe ni preû-ve.

Prévenir, v. a., instruire, avertir quelqu'un d'une chose par avance;—on peut dire, prévenir quelqu'un d'une chose ou bien prévenir quelqu'une qu'une chose est, a été ou sera: il m'a fait prévenir de son arrivée; je vous préviens que vous aurez demain une visite qui vous surprendra. (Acad.) Voyez [informer].

2. Prévenir d'avance, est un pléonasme vicieux: il m'a fait prévenir de son arrivée et non il m'a fait prévenir d'avance.

Prévisant, mot wallon, qui regarde de trop près à quelque chose; qui est trop exact, trop ménager;—traduisez-le par regardant: il ne faut pas être si regardant, trop regardant; vous êtes trop regardant.

Prévoir, v. a., se conjugue comme voir, excepté au futur et au conditionnel, où il fait, je prévoirai, tu prévoiras, etc., je prévoirais, tu prévoirais, etc.

2. Prévoir d'avance, est un pléonasme vicieux, car prévoir signifie par lui-même, voir d'avance.