Saur, adj. m., ou Saure, adj. des deux genres, qui est de couleur jaune, tirant sur le brun.—Saure ne se dit guère que des chevaux.—On écrit hareng saur, par abréviation de saure, et l'on dit aussi, mais moins souvent, hareng-sauret. (Acad.)—L'Académie écrit aussi sor, en renvoyant au mot saure.
2. Ne dites pas angletin ni ingletin, pour hareng saur.
Sauvage, adj.—Ne dites pas d'un animal domestique qu'il est sauvage; dites, qu'il est farouche.
Sauvagin, ine, adj.—Il n'est guère usité que dans cette locution, goût sauvagin, certain goût, certaine odeur qu'ont quelques animaux de mer, d'étang, de marais;—il s'emploie plus ordinairement comme substantif: le canard sent le sauvagin et non le sauvage.
Sauver.—Ne dites pas, le prisonnier est sauvé hier, pour indiquer qu'il a pris la fuite; dites, le prisonnier s'est sauvé:—est sauvé signifierait qu'il est hors de danger.
Savoir, Pouvoir.—Savoir s'emploie dans le sens d'avoir le pouvoir, la force, le moyen, l'adresse, l'habileté de faire quelque chose: je saurai bien le réduire; je saurai bien me défendre; je n'y saurais que faire; je le voudrais bien, mais je ne saurais; je ne saurais faire ce que vous me dites; ne sauriez-vous aller jusque-là? il n'a su en venir à bout; il ne sait pas ouvrir cette porte, ayant la clef dans sa main.(Acad.)—Voyez [pouvoir].
2. Faire à savoir, c'est-à-dire, faire savoir:—il ne s'emploie guère que dans les proclamations, les publications, les affiches, etc.: on fait à savoir que tels et tels héritages sont à vendre. (Acad.)
3. Savoir à parler, locution barbare; ne dites pas, je ne sais pas à parler de cette affaire; en savez-vous à parler? dites, je n'ai pas entendu parler de cette affaire, je n'ai pas connaissance, je ne suis pas instruit, informé de cette affaire; en avez-vous entendu parler, en avez-vous connaissance, en êtes vous informé, instruit.
4. Sais-tu, savez, savez-vous, sont autant de locutions vicieuses et barbares que l'on n'entend que trop souvent en Belgique: oui, non, sais-tu; tu ne m'oublieras pas, sais-tu; sois bien sage, sais-tu; oui, non, savez-vous; je ne suis pas méchant, savez-vous; il est riche, savez-vous.—Il faut s'attacher à faire disparaître de la conversation cette phrase aussi ridicule que parasite et monotone;—il suffira la plupart du temps de donner une autre inflexion à la voix; d'autres fois on pourra la remplacer par certes, certainement, assurément, sans doute, etc.
5. Il faut en dire autant de vois-tu, voyez-vous, employés à peu près dans le même sens et que certaines personnes répètent à satiété: ce sont là des tics contre lesquels on ne saurait trop se mettre en garde.