Il connut l'égoïsme amoureux qui préfère plutôt perdre ce qu'il aime par la mort que par la vie.

Ceux qui aiment autrement, n'aiment pas amoureusement, ou, plus clairement: aiment, mais ne sont pas amoureux.

S'ils ne tremblent pas, s'ils ne doutent pas, s'ils ne craignent pas sans cesse le changement ou l'infidélité de l'aimée, si, voyant tomber un cil, ils ne le ramassent pas pour souffler dessus, afin d'apprendre si leur vœu reste ou s'envole; si dans la chute d'une étoile ou d'un pétale de rose, ils ne pensent pas aux superstitions de l'amour; si en passant lentement devant la Chambre des Députés—après l'avoir reconduite à l'aube dans un fiacre somnolent,—on n'énumère pas ses colonnes avec le traditionnel: un peu, beaucoup, passionnément ... (il y en a douze, mais l'obscurité aidant, je n'en ai compté que sept) si par les choses les plus absurdes ils ne cherchent pas à rassurer leur incertitude, ils sont peut-être des amants selon Sénancour (dont le nom seul rime avec amour), mais non selon le divin enfant.

—Sénancour est tout au plus un bon législateur d'Éros, il a tâché de classifier et de codifier toute cette incohérence; j'y trouve de l'agrément, mais l'agrément d'une «nature morte»; la belle proie éventrée pend par une morne ficelle attachée à sa patte, pour la contemplation de ceux qui sont attablés devant une volaille, tandis que les bêtes de race, ingénuement simplifiées, piaffent poliment aux lointains des tapisseries; tout cela est exact comme un raisonnement,—tandis que dans l'ordre Stendhalien, on sent le souvenir vécu, rangé.

Amour, lyrisme des sens.

Ahuri comme après une chute, le voici seul, libre.

Quand me déferai-je de sa démarche?

Sur son long cou flexible,—le long coup flexible des êtres libres—sa tête levée. Levée ainsi pour échapper à quelle angoisse? pour atteindre à quel miraculeux baiser?

La saveur à venir des choses retrouvées?

Convalescence: elle ne pleure plus que trois fois par jour.