Le temps, ce sculpteur qui réussit parfois si bien des têtes de vieux.

Jeunesse masque—beau masque!

Attendre que les visages s'expriment,—la vieillesse seule est expressive.

Sur son front, un merveilleux dessin de rides en forme de lyre.

Elle étalait ses yeux bleus, son teint blanchi au blanc, et ses lèvres du rouge des drapeaux neufs, comme un défi à cette ennemie, la Vie, qui viendrait là, marquer quand même ses défaites et ses victoires.—Je ne scrute que les visages d'après la guerre. Là seulement on lit l'héroïsme du la lâcheté, les passions, les désertions, les attentes, les élans grandioses et les courages avortés, les causes vaines de toute une existence, de toute une guerre accomplie. Les visages où la vie a mis sa mitraille, son sang, sa pâleur ou sa diverse friperie. Des visages plantés comme des drapeaux sur un champ de victoire inconnu et solitaire—ou de ces visages ployés, comme passés à l'ennemi, tassés dans un amas de rides ou de graisse veule—prisonniers bien nourris ne cherchant plus que la préservation au moyen de l'inactivité, ou la considération avec ses concessions et ses aveuglements de lâches—que de défaites, que de différence entre les défaites!

... Puis les bras ne s'étendent plus vers rien,—ils retombent à nos côtés, s'y raccourcissent,—ce raccourcissement des bras où l'âge semble nous ôter nos rallonges!—puis nos doigts s'engourdissent, perdent leurs antennes de sensibilité.

... Des jours où notre vitalité est si lente que même notre âge nous rattrape!

Le clair de lune: jour du malfaiteur.

Que de platitudes sur l'amour; ils veulent faire ressemblant—et ce n'est qu'à eux-mêmes qu'ils font ressemblant: l'amour s'enfuit à la première odeur de leur maladroite lampe.

Mais aussi, parler avec esprit de l'amour, ce n'est que parler avec esprit.