Aride Provence desséchée par l'hiver, brûlée par l'été, pays d'extrêmes.

Oliviers trapus, ô huiles essentielles. Poiriers en fleurs contre les cyprès noirs.

Les Baux:

Ruines ou chaos, résidence des quatre vents. Rocs où l'on semble retrouver le Sphinx d'Égypte, l'Enfer de Dante, et toute l'Emphase romantique, et toute l'Hellade détruite. Endroit si morne que son bouquet de corsage tombé y fait tache.

Merveilleux Arc où des chevaux de pierre effrités et plus que vivants, chargent depuis des siècles! La jambe d'un guerrier romain semble encore imposer sa force au monde.

Hôtel d'Avignon, où Napoléon Bonaparte vécut dans ses meubles, petite courette d'arches beiges, avec vos palmiers, portes basses où filtre une ténue musique ancienne, de clavecin et de viole d'amour.

Plus au midi:

Bouillabaisse et les «trois sueurs» de Madame Salvatour!

Voyager c'est vivre dans la malpropreté d'autrui.

Mais pourquoi ne pas considérer la poussière comme le duvet des meubles?