«La vie d'un peuple n'est qu'une suite de misères, de crimes et de folies.» (Anatole France).—Les individus sont plus modérés.
Il y a partout des êtres civilisés, il n'y a encore nulle part de civilisations, ce qui fait le contraste entre l'urbanité de l'individu et la brutalité sanguinaire de la collectivité.
Les individus réaliseront-ils jamais en nombre suffisant une collectivité pensante et juste, comprendront-ils que la congestion des marchés, la rareté et la cherté (artificielle) des produits indispensables, amènent les grèves, les guerres et les révolutions,—et que l'ennemi est celui qui les gouverne vers de telles éventualités?
N'est-ce nous tricher nous-mêmes de ne point aider vers une évolution sagace des impôts: taxes directes, vers un essai prudent du libre échange de tout ce dont un être moderne pense avoir besoin et dont chaque peuple ou climat détient la spécialité ou l'excellence?
L'être cosmopolite, qu'il soit Japonais, Brésilien, Italien, Espagnol, Américain, tend à s'identifier: inconscient désir de fusion, «amour du prochain» en ce qu'il a d'utile, d'agréable, de beau ou d'interchangeable. Il va vers le semblable, et l'on n'y peut rien empêcher. Aidons-le donc à s'universaliser avec économie et agrément.
Il n'y a qu'un peuple,—le peuple moderne.
L'inventaire du monde est fait: il reste à présent à s'y emménager convenablement,—à nous défendre des éléments, et non des nations.
Il n'y a pas de peuple réussi au point qu'il ait à craindre les mélanges.
Faut-il préférer aux sophismes du raisonnement les erreurs de l'enthousiasme?
Allons à l'amour comme ils vont à la guerre.