«Let me not to the marriage of true minds
Admit impediments...»
Mais si l'on pense avec un certain déplaisir au mariage d'un Browning avec la presque paralytique Elisabeth Bartlett, c'est qu'on ne peut se rendre compte à quel point les sentiments transfigurent les corps, dont les faiblesses mêmes participent à l'amour. Ces espèces d'affinités sont peut-être plus personnelles, plus subtiles, au point de sembler à peine corporelles; elles sont cependant d'une évolution physique.
Parfois aussi cette évolution se trouve tellement éloignée des centres organiques,—satisfaits ou insatisfaits ailleurs—qu'une amitié passionnée s'ensuit, comme celle de Montaigne pour la Boétie, etc...
Dans certaines unions, la physiologie se remplace par la psychologie, la satiété de la chair n'amenant pas toutes les satiétés. Il peut lui succéder une espèce d'union immatérielle. Mais ceci est rare, à moins d'une diversion. L'enfant peut être cette diversion, et tenir unis deux êtres qui n'avaient plus d'autre motif de se rapprocher,—trait d'union après l'amour, parfois même à la place de l'amour.
Il y a aussi tous ces charnels ennuyés, qui appellent l'enfant, comme on appellerait au secours!
Ces couples qui admettent et désirent d'être trois.
Pour d'autres: L'enfant, ce fâcheux.
Croire qu'on s'aime lorsqu'on tend vers un but autre que l'amour?
Ils disent aussi: Créer un être inférieur, à quoi bon? Créer un être qui souffrira de nos infériorités, à quoi bon encore?
Pour être mère, il faut y regarder à plus de deux fois: soi, puis l'autre, puis les autres.