— Comme ils marchent devant les barreaux ! Pourquoi ne les laisse-t-on pas courir dans le jardin, tante ?

— Mais ils nous mangeraient !

— Ils sont méchants, tante ?

— Mais pas plus que nous. Nous mangeons toutes les bêtes. Ce n’est pas parce que nous mangeons leur cervelle à la sauce blanche que…

— Tout de même, tu n’es pas gaie aujourd’hui.

Jantje me regarda, soucieux. Il me prit la main, se frôla tout contre moi, et je dus me baisser à plusieurs reprises pour me laisser embrasser.

André se frappa le front.

— J’y suis ! Ce sont les grappes d’émigrants que tu as vus grouiller sur les navires qui t’ont mise dans cet état.

— Oui, je me suis revue, avec les miens, entassés dans une charrette, allant d’une ville à l’autre pour voir si le pain y était plus facile à gagner.

Je me tournai vers lui, agressive.