— Va laver tes mains, Keetje, mais là, laver, et je te ferai garnir le chapeau de la petite de la femme aux poissons. Et essuie-les bien sec, ou elles souilleraient le ruban. Mon Dieu, quel ruban ! Ne pouvait-elle en trouver un plus criard ?
Je bondis de joie.
— Moi, je puis garnir ce chapeau, Mademoiselle ? Ah ! moi, je puis le faire !
Mes mains furent lavées et mes ongles polis, je vous assure.
— Là, d’abord la coiffe, et couds-la bien droit, reste sur la même paille.
Elle garnissait un chapeau de dame avec une touffe de plumes blanches.
— Là, laisse voir… pas mal. Tu apprendras plus aujourd’hui qu’en deux ans.
Elle coupa le ruban pour le contour de la calotte.
— Roule-le ainsi… C’est ça, mets-le autour et couds du côté gauche.
Pendant que je cousais, elle fit les nœuds à grandes coques.