Par le temps et l'espace il compte les instants,

Et ne sait ce que c'est que l'espace et le temps.

Un an est un long siècle à son impatience;

Un siècle n'est qu'un jour pour sa vaine espérance:

Son orgueil ne voit pas que tout son avenir

Dans le passé rapide est tout près de finir.

Terre, un quart de ton globe, inutile domaine,

Aux mortels couronnés paraît suffire à peine;

Tandis que leurs sujets, n'arpentant qu'un jardin,

S'étonnent des grandeurs de son étroit confin.