En mes philtres joyeux j'ai su par-fois, dit-on,

Tremper le cœur de fer du malheureux Caton.

C'est peu que des héros j'aie adouci les peines;

Je déride le peuple attristé de ses chaînes,

Et qui, de ses bourreaux se délivrant enfin,

S'abreuverait de sang s'il ne buvait du vin.

L'eau du Léthé se mêle au doux jus de la treille.

Vois, à travers mon prisme, Hébé fraîche et vermeille,

Qui, le verre à la main, riante à tes côtés,

Vers toi de son beau corps penche les nudités.