GENEST.
On te traitte en esclave, & non en souverain,
Puis que loing d'escouter cette bonté supréme,
Ce Dieu de qui les Roys tiennent leur diadéme,
Souvent tu rens hommage au gré d'un courtizan,
À l'ouvrage imparfaict d'un chetif Artizan,
Qui suivant son caprice, ou celuy de ces traistres,
Te compose des Dieux, & te donne des Maistres.
DIOCLETIAN.
Voyez l'audacieux! il croit possible encor,
Faire sur un Theatre ou l'Achile, ou l'Hector.
GENEST.
Non, non, par ma raison mon ame mieux guidée,
Ne souffre plus en elle une si vaine Idée,
Je me connois, Cesar, je sçais ce que je suis.
DIOCLETIAN.
Mais sçais-tu bien aussi, traistre, ce que je puis?
GENEST.
Ouy, ton pouvoir n'est pas un effect que j'ignore,
Je sçay que l'on te craint, & que Rome t'adore,
Mais je sçay bien aussi ce qu'un Dieu me prescrit:
Tu peux tout sur mon corps, & rien sur mon esprit.