GENEST.

Vous souspirez, ha! sans doute la crainte,
Combat vostre desir, & le tient en contrainte,
Vous redoutez la mort, un Tyran vous faict peur.

PAMPHILIE.

Non, non, ne pense pas que je manque de coeur,
Ce souspirs qu'a produit une sainte tendresse
Montre mon repentir, & non pas ma foiblesse,
Je te suy, cher Amant, je te cede, & je croy;
Ton Dieu regne en mon coeur, & triomphe de moy.
Desja de ce bonheur je suis toute ravie,
Et regardant tes fers avec un oeil d'envie,
Je brule qu'un Tyran n'ordonne à ses boureaux,
De passer en mes mains ces illustres fardeaux.
Ne pouvant les ravir qu'au moins je les soustienne,
Ouy ces fers sont mes fers, cette chaine est la mienne,
Puisque par les effects d'une douce rigueur,
Elle passe à present de tes mains à mon coeur.

GENEST.

Pamphilie, ô transports qui me comblez de gloire!

SCENE IV.

Diocletian. Aquillin. Rutile. Genest. Anthenor. Aristide.
Luciane. & les Gardes.

RUTILE, à l'Empereur.

Seigneur elle a sans doute emporté la victoire,
Une visible joye esclatte dans ses yeux.