POLIDARQUE.

J'obeïs grand Monarque.

Billet d'Alexis.

Mets fin chere Olympie au cours de tes soucis,
Ne cherche plus ton Alexis,
Il a par son retour satisfait ton envie;
Tes yeux sur qui l'amour avoit mis son bandeau
Ne l'ont pas reconnu quand il estoit en vie,
Reconnois le dans le tombeau.

Je tiens d'Euphemien la naissance & le jour
Tu fus l'objet de mon amour
Dés lors que mon esprit fut capable de flâme
Je te quittay pourtant, & sans te dire adieu,
Car si tu pris mon coeur le Ciel ravit mon ame,
Mais je te quittay pour un Dieu.

J'eus pour luy de l'amour aussi bien que pour toy,
À tous deux j'ay gardé ma foy,
Et par une admirable & divine adventure
Je puis vous satisfaire, & vous mettre d'acords,
Le Ciel aura mon ame, & dans ma sepulture
Tu pourras posseder mon corps.

OLYMPIE.

Ouy, c'est là cher Espoux qu'il faut que je te suive,
Aussi bien apres toy ne croy pas que je vive,
Ce moment que sans toy je conserve le jour,
Semble desja durer un siecle à mon amour.
Attens moy, je te suy, Ciel permets que je meure!
Quoy, mon ame, as-tu peine à quitter ta demeure?
Et vous perfides yeux qui l'avez mesconnu
Quand il s'est presenté tout tremblant & tout nu,
Osez vous bien jouir du bien de la lumiere?
Fermez traistres, fermez vostre lâche paupiere;
Puis qu'un si foible obstacle a pû vous decevoir,
Vous ne meritez plus desormais de la voir.
Alexis…

EUPHEMIEN.

Ah mon fils!