L'hiver, au long manteau d'hermine
Pressant le sol entre ses bras,
L'ornant de la dentelle fine
De son givre et de ses frimas;
Le printemps accordant sa lyre,
Habillant la fleur, l'arbrisseau,
Partout envoyant son sourire
Pour saluer le renouveau;
Secouant sa blanche fourrure,
La terre prenant à la fois,
Et sa verdoyante ceinture,
Et sa couronne de grands bois;
L'été, la campagne féconde,
Ouvrant l'écrin de son trésor,
Semant sur sa tunique blonde,
Bluets coquets et boutons d'or;
L'automne apportant ses corbeilles
Riches de fleurs, de fruits dorés,
De pampres aux grappes vermeilles,
De feuillage aux reflets pourprés;
Les merveilles de la nature,
Œuvre de la divinité
Ne sont qu'une faible peinture
De ton adorable beauté!
O Marie, ô reine divine,
Devant l'éclat de tes grandeurs
Si la terre humblement s'incline
Pleins d'espoir s'élèvent les cœurs
Car ta bonté plus grande encore
Toujours présente à notre appel,
Sait, dans les âmes, faire éclore
Les roses des jardins du ciel;
L'humilité, la patience
La Foi, l'Espoir, la Charité:
Voilà, dans leur sublime essence,
Les fleurs de l'immortalité!
O toi qui comptes sur la terre
Les pleurs qui tombent de nos yeux;
Vierge, sois toujours notre mère,
Ouvre-nous la porte des Cieux.